Publié le 05.10.2022

Dans A+297, de nombreux acteurs liés de près ou de loin à la construction insistaient sur la nécessité de prendre d’urgence des mesures plus efficaces pour atteindre la société zéro carbone à l’horizon 2050. Geert Palmers, rédacteur de ce numéro, a invité quelques experts pour élaborer ensemble des stratégies et évaluer leur faisabilité en fonction de la réalité spatiale, politique, sociale mais aussi économique — en changement rapide.

Pour illustrer la publication, mais surtout pour en accentuer et en approfondir le message, la rédaction a organisé un symposium baptisé du même nom que le magazine. Il s’est déroulé à la faculté d’architecture de l’ULB, place Flagey à Ixelles. Dans l’ancien bâtiment réaffecté de la radio, un large panel d’experts – en architecture, en régie et financement de projets durables, mais aussi en politique – a été réuni pour débattre de la façon d’accélérer et d’optimiser l’indispensable transition vers une architecture climatiquement neutre et un modèle d’habitat durable.

En préambule, Geert Palmers a cité les trois facettes de transition (voir également A+297, pp. 48–56). Pour atteindre les objectifs climatiques, la pratique de la construction doit s’accélérer et s’étendre sur ces trois aspects. Ces trois facettes sont en l’occurrence pace (le rythme de la rénovation), scale (l’ampleur de ces rénovations) et scope (la durabilité au-delà de la robustesse énergétique, en veillant à la biodiversité et l’inclusion sociale). Tout objectif qu’on se fixe restera lettre morte si nous ne rénovons pas notre parc immobilier plus vite, plus largement et plus globalement.

La clé pour concrétiser plus rapidement ce triptyque consiste à chercher la solution aux problèmes ambiants au niveau du quartier plutôt qu’à l’échelle de l’habitation. Les rénovations deviennent ainsi plus efficaces et moins chères, et donc socialement plus inclusives. On peut chercher un système de production d’énergie partagée, géré par des conseils de quartier et des administrations locales. Ce plaidoyer s’est vu renforcé par la présentation de quatre projets.

Pour dépasser le stade du projet pilote, il convient de sortir structurellement du statu quo actuel. Trois discussions en panel ont approfondi un des aspects évoqués précédemment. Trop de propriétaires d’habitations n’ont pas suffisamment de libertés financières pour rénover en profondeur. Des structures et associations de propriétaires plus diversifiées peuvent alors soulager les habitants. En combinant leur action aux approches précitées, elles interviennent même comme moteur d’investissements intéressants. La faisabilité technique du changement est elle aussi très importante. Elle requiert une collaboration plus poussée entre les différents acteurs du processus de construction, mais aussi un indispensable changement de paradigme de la part des habitants. La nécessité pointe parfois du doigt des formes exagérées de confort. Le symposium s’est clôturé sur une note critique : ne réduisons pas l’architecture à son simple certificat de durabilité. Les bâtiments hyper spécifiques sont par définition moins parés pour l’avenir, alors que les bâtiments robustes se prêtent à de futures réutilisations.

Matière à réflexion. Au-delà de solutions, le symposium a proposé des visions. En s’attaquant aux facettes évidentes de la grande thématique de l’énergie et à celles qui le sont moins, il parvient à donner une direction aux idées émergentes de constructeurs (débutants). Alors, comme on l’a entendu à plusieurs reprises lors du congrès : « Au boulot ! ».

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