Publié le 21.04.2022 | Texte: Cécile Vandernoot

L’Institut culturel d’architecture Wallonie-Bruxelles (ICA-WB), après seulement trois années de « mission exploratoire », a réussi à se faire connaître comme opérateur de référence sur le territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Accueillie et supportée par des structures existantes, cette jeune institution nomade a déployé des moyens, petits et grands, qui ont réussi à toucher des publics très larges, éveillant au fur et à mesure des rencontres, expositions et autres événements une culture architecturale et du paysage à travers l’environnement bâti.

Par les actions « Temps d’archi », les villes de Namur, Tournai et Charleroi ont été ponctuellement investies. Pour le Temps d’archi#5 programmé à Liège et élaboré dès l’été 2021, il était impensable de ne pas réfléchir au rôle de l’architecture dans les inondations et à l’illusoire contrôle humain dans la gestion des crues. Embrassant le défi d’apporter un point de vue prospectif et encourageant, l’ICA-WB ose poser la question : est-il possible de réconcilier le fleuve et les habitants ? Est-il possible de réapprendre à habiter avec les fluctuations de la Meuse, de l’Ourthe ou de la Vesdre en connaissant les risques qu’elles engendrent ?

Pour aborder ce sujet sensible, sur fond de dérèglement climatique, l’ICA-WB  envisage une exposition laboratoire ponctuée d’ateliers et de débats-rencontres qui ne cherche pas à élire des modèles, mais à valoriser des démarches et des stratégies. Plusieurs auteurs, architectes, urbanistes, chercheurs sont invités par l’institution à présenter et à produire un nouveau savoir ou, parfois engagés depuis longtemps sur ces réflexions liées aux cadres de vie en forte présence de l’eau, d’extraire de leur travail ce qui résonne avec le territoire wallon.

Les interventions touchent trois dimensions : humaine, territoriale et architecturale, que croisent des aspects poétiques, utopiques comme historiques. Certains se souviendront qu’il y a un siècle, à l’hiver 1925–1926, d’importantes inondations en région liégeoise ont eu pour conséquence de déclencher de grands travaux qui ont profondément bouleversé le rapport des habitants avec la Meuse. La marche reste un des moyens pour retisser du lien en arpentant un paysage, même désolé. La société libre Emulation propose de suivre des itinéraires pour une reconstruction collective et symbolique du paysage tandis qu’un regard humble posé par le photographe Michel Tonneau, invité par Les Chiroux, donne lieu à une exposition dans l’espace Churchill.

Temps d’Archi #5 Fluctuations ICA-WB
When from 6 May 2022
Where various locations
Participants Revue Imagine, G.A.R. Archives d’architecture, Rotor, Task force ULiège, Lucile Barcelo & Alban Valérian-Dumont, Frédéric Rossano, Baumans-Deffet, Martiat-Durnez, Studio Paola Viganò, Taktyk, Galerie Satellite.
In partnership with Faculty of Architecture of ULiège, cultural centre Les Chiroux, Société libre d’Émulation, and Art au Centre

 

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