GRUE expliquera le 8 mars prochain son travail dans le cadre de la série de conférences Across à Anvers. La conférence sera introduite par l’architecte paysagiste Bas Smets (BBS).

“On aimerait avoir dessiné la piscine de Siza” confie GRUE. Oui, car il n’y a presque rien mais il y a tout, et rien n’est de trop. Juste quelques traits très contextuels, avec et sans programme, et voilà un espace public réussi. Architectes-urbanistes et paysagiste, Marie Alléaume, Nathanaëlle Baës-Cantillon et Rodolphe Raguccia revendiquent une approche du territoire qui se trouve à la rencontre de ces trois domaines. Il et elles élaborent un processus de projet à partir de la définition d’« invariants » qui constituent un socle commun de développement fondé sur le fonctionnement morphologique de base du site, et d’une programmation « faible », fuyant la surdétermination des espaces, accompagnée de stratégies de définition et de négociation. Leur proposition pour la requalification d’un boulevard urbain à Genk est emblématique de cette approche.

Au-delà de la saisie des outils de compréhension du territoire que sont l’analyse de ses strates — topographie, structure territoriale, flux, occupations, paysages, données socio-économiques — GRUE mène également une recherche sur les « milieux ». En définissant la nature des lieux habités, GRUE décrit tant des conditions écologiques que des typologies habitées, et développe ainsi un outil de projet qu’elles et il revendiquent comme sensible et non factuel. Leur projet d’espaces publics à Etterbeek, par exemple, rend visibles les deux milieux du fond de vallée et du coteau de la vallée du Maelbeek.

Le territoire est ainsi pensé en termes de capacité plutôt que de résultat. Le temps long du projet d’urbanisme est, pour GRUE, une composante essentielle. La lenteur est identifiée comme un outil de projet, un levier pour l’aménagement d’un territoire. Cette particularité mène GRUE à interroger également les moyens de communication du projet territorial. Le film, comme dans le cas de leur projet « Gris-Vert » pour les plages d’Ostende, et le « projet-fiction » dans le cas de leur réflexion sur la reconversion du quartier du Ranzay à Nantes, sont deux supports qui permettent de suggérer, d’émouvoir et de projeter.

Le vocabulaire auquel GRUE fait appel pour décrire ses processus témoigne de cette poésie : il et elles parlent de la « couture » entre le sol et une façade, ou encore du processus de « re-naturation » d’un site. C’est cette même poésie qui surgit de leur approche des sites urbains. GRUE aborde les franges malaimées des villes contemporaines et met délicatement en place les processus de leur redéfinition.

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Infos pratiques

8 mars 2018, 20.00
deSingel (Desguinlei 25, 2018 Anvers).
En Anglais/Néerlandais

Soutien: Fédération Wallonie-Bruxelles, Vlaamse Overheid, Région de Bruxelles-Capitale

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