Publié le 27.01.2021 | Texte: Marc Dubois

Le 2 janvier 2021, De Standaard a publié une série de réflexions intitulées : «21 idées pour 2021 ». L’un des auteurs est Marc Dillen, directeur-général de la Confédération flamande de la construction. Avec le titre « Prenez en compte l’innovation corona pour l’avenir », il souligne qu’il est nécessaire de mettre en œuvre des innovations techniques. Ensuite, il soutient qu’il vaut mieux abolir la loi sur la profession d’architecte de 1939. Ce que cette exigence a à voir avec corona n’est pas clair et soulève immédiatement la question de savoir qui en bénéficiera.

Dillen souligne à juste titre que « les rénovations énergétiques sont beaucoup plus difficiles à réaliser ». Il est certain que des changements et des ajustements doivent être faits dans le secteur de la construction par toutes les parties impliquées dans ce processus complexe de construction, mais ces interventions ne sont pas exclusivement liés à la crise sanitaire ! La conception et la construction de bâtiments répondant aux normes d’isolation imposées par l’Europe nécessitent une meilleure connaissance des architectes et des entrepreneurs. Ce que la pandémie corona nous apprend, c’est qu’il faut faire plus attention à la ventilation naturelle au lieu de faire circuler l’air de manière mécanique. Si les filtres ne fonctionnent pas correctement, il y a un problème. Même les entreprises qui produisent et installent de tels systèmes mécaniques le prétendent. Virologue Marc Van Ranst en faisait références suite aux évènements dramatiques dans une maison de retraite à Mol. Bien sûr, il est plus facile d’indiquer Saint Nicolas et ses aides comme coupables de la contagion qu’un établissement de soins qui n’a vraisemblablement pas suivi l’entretien du système de ventilation. Qu’il y ait des problèmes avec les filtres à air est certainement une possibilité.

Chaque profession doit s’adapter à une évolution sociale, c’est l’évidence même. La construction est une affaire très complexe avec différents partenaires, chacun avec ses propres intérêts et se tenant debout sur ses galons. Selon Dillen, l’une des solutions serait de supprimer la loi de 1939 sur la profession d’architecte. « Les cloisons doivent être démolies » et remplacées par un plus grand monopole de l’industrie de la sous-traitance, en retenant vraisemblablement la responsabilité des architectes.

Qu’est-ce que cette proposition a à voir avec Corona ? La proposition de Dillen vise à centraliser le pouvoir chez les entrepreneurs. Pour beaucoup dans le secteur de la construction, les architectes sont des hommes et des femmes « difficiles » qui se permettent également de poser des questions critiques qui vont au-delà de l’optimisation d’une construction et du coulage du béton. Si cela dépend de la Confédération de la construction, les zones d’expansion résidentielle seront abordées dans les plus brefs délais. Les conséquences sociales ne les affectent pas.

Ce que Marc Dillen oublie, c’est que le niveau de la qualité architecturale en Flandre, et donc l’appréciation internationale, ne relève pas de la responsabilité des entrepreneurs. Ce sont les différents « Bouwmeesters » architectes flamands depuis 1999, le VAi, les organisations d’architecture dynamiques telle que Archipel, Stad en Architectuur et AR-TUR, sans oublier une génération d’architectes talentueux avec une renommée internationale. La revue spécialisée A+ a également fait un grand effort pour présenter la production qualitative en Belgique. De nombreuses personnes ont investi dans une culture de construction innovante en Flandre. Alors que dans le passé, les entrepreneurs étaient souvent impliqués dans le lobbying auprès d’architectes avec une carte de parti politique ouverte, une attitude différente est apparue au cours des 20 dernières années. Nous devons le souligner. Les clients imposeront également de grandes exigences aux concepteurs, mais aussi aux entrepreneurs.

La construction est une affaire très complexe et chacun doit faire preuve d’un grand professionnalisme. L’architecte individuel a fait son temps et le regroupement des connaissances en design bat déjà son plein. Mais le travail de l’architecte ne se limite pas à dessiner des plans et à remplir des formulaires. J’espère que le « directeur général » verra que ce que les architectes ont réalisé ces dernières années est presque inouï. La reconnaissance internationale des talents et de la qualité architecturale en Flandre est une réalité. Espérons que Dillen consultera les différents livres « Architectuurboek Vlaanderen » (publiés par le VAi) et la revue A+ avec intérêt!

Il ne faut pas croire que les architectes pensent tous les jours à la loi de 1939! Il est évident qu’un bâtiment intéressant est réalisé avec de bons entrepreneurs. Qu’est-ce qu’un producteur de cinéma sans un bon cinéaste, sans des gens qui savent ce qu’est un scénario ? La Confédération de la construction et son porte-parole Marc Dillen doivent défendre les intérêts de ce secteur. Mais maintenant, exiger que la protection de la profession d’architecte soit levée au nom de Corona est plus qu’invraisemblable.

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