Publié le 18.11.2022 | Texte: Arnaud De Sutter | Photos: Johnny Umans

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Une grande parcelle en périphérie d’Oosteeklo, au nord du Meetjesland, s’ouvre sur un vaste paysage de champs et de bois. Séduite par cette vue splendide, une famille veut y construire sa nouvelle maison. À peu près au centre du terrain se trouve toutefois un élément de patrimoine qui gâche un peu la vue sur le panorama : un bunker allemand de la Première Guerre mondiale, qui dérange les propriétaires, mais pas les architectes qu’ils ont contactés. Luchtschip Architectuur et Atelier Vos voient dans cette structure militaire une invitation à organiser au-dessus d’elle la vie de la maisonnée.

En référence au bunker, les architectes ont imaginé un socle robuste avec peu d’ouvertures, qui abrite les chambres à coucher, les salles de bain, les locaux techniques et les rangements. Côté rue, le bâtiment est fermé, à l’exception de la porte d’entrée et d’un espace ouvert pour garer la voiture. Une des façades latérales et la façade arrière, en revanche, sont dotées de fenêtres sur toute la hauteur de l’étage pour offrir un contact maximal avec le jardin et l’environnement. Un volume nettement différent surmonte le socle polygonal. La partie supérieure est une structure en bois possédant de multiples fenêtres. On y trouve les espaces de vie, nettement plus en lien avec l’environnement.

Dès l’entrée, la légèreté émerge à travers le plan rigide et compact du socle. Pour les architectes, gravir l’escalier est une expérience pleine de sens : « en empruntant l’escalier ouvert, on sort du bunker ». L’ossature bois de l’étage, parfois habillée de panneaux pleins, comporte majoritairement des fenêtres. S’ajoute à cela un plan relativement dégagé, ce qui permet aux habitants d’admirer tout le paysage environnant. Dans la pièce est suspendue une traverse dont la peinture verte crée le contraste, soutenue par une colonne positionnée de manière asymétrique. Elle sert principalement à pouvoir accrocher une cloison coulissante ou un rideau afin de malgré tout diviser la pièce en cas de besoin. En termes de ressenti, la séparation existe déjà.

La robustesse et le caractère fermé du socle n’empêchent pas le raffinement. Des auvents et seuils en béton blanc flanquent les côtés courts des baies de fenêtres et de portes, tandis qu’une dalle composée du même matériau recouvre les murs verticaux. Le résultat est un volume plus affirmé, et des espaces intérieurs davantage tournés vers l’extérieur. Le socle est le volume le plus original des deux. La partie supérieure, qui tire son originalité des matériaux utilisés et de l’incidence de la lumière, a un aspect plutôt rigide. L’expression de l’ossature bois ordonne la façade de la partie haute, tandis que dans le bas, les ouvertures suivent la logique du plan. Pour assurer la cohérence, de l’afzélia a été utilisé pour les deux parties. Le brun-rouge du bois est en équilibre avec le blanc massif.

L’ensemble de l’habitation est un jeu de contrastes. Par son aménagement, elle contraint les habitants à s’adapter, tout en se laissant adapter elle-même. Une structure en bois, légère et ouverte, est posée sur un bloc blanc, lourd et fermé. Au niveau du plan, la rigidité de l’un contraste avec la souplesse de l’autre, mais quand on regarde les façades, c’est au contraire le socle massif qui est le plus original. Longé par un escalier extérieur, le volume sculptural offre de l’espace pour une toiture végétalisée et des terrasses. Il est irrégulier, polygonal et rassurant. Perchée sur son piédestal, la structure en bois des espaces de vie domine l’environnement, tandis que le bunker complexe est devenu indispensable pour créer la connexion.

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