Publié le 22.09.2022 | Texte: Arnaud De Sutter | Photos: Stijn Bollaert

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Dans une rue paisible de Wachtebeke, Machteld D’Hollander rénove une maison d’ouvrier pour sa nièce. Bien qu’un peu décatie, l’habitation regorge de potentiel. Le très long jardin arrière orienté nord-est jouxte un verger. Il est en outre relié à la rue par un sentier partagé avec les voisins. Dans l’état actuel, la division des pièces de la maison est très rigide et il n’existe quasiment aucun lien entre l’habitation et le jardin.

Machteld D’Hollander avait avant tout l’intention de créer un mouvement global allant de la rue vers le jardin, en passant soit par l’habitation, soit par le sentier. Les deux parcours se croisent à l’arrière de la maison, où un nouveau volume est construit à l’endroit d’une annexe hors d’âge. L’extension, point focal du projet, est le modérateur de toutes les interventions. Semblant évoquer les vérandas de lotissement, elle fonctionne toutefois de manière plus autonome en accueillant les allées et venues depuis plusieurs endroits situés à l’intérieur et autour de l’habitation.

Au bout du sentier, à la jonction avec l’habitation, l’architecte a prévu une deuxième porte d’entrée. En installant la porte coulissante en diagonale, elle crée un patio semi-ouvert, qui élargit l’accès au jardin après le sentier étroit. Le résultat est qu’une partie du nouveau volume est presque entièrement entourée de fenêtres et reçoit de la lumière du jour. Sans se détacher totalement de l’habitation, l’espace ainsi créé est une sorte de jardin d’hiver où les habitants peuvent s’installer au calme, un peu à l’écart. Bien entendu, cette partie possède également une porte coulissante donnant sur le jardin. Outre ces deux espaces libres, l’extension abrite également la cuisine et la salle à manger qui s’inscrivent à l’intérieur d’une ossature bois dans laquelle sont placées des étagères et des armoires de cuisine. La structure du toit dépasse en surplomb de cette ossature, couvrant ainsi les pièces précitées.

À l’intérieur de l’habitation, un ancien mur a été démoli et reconstruit en espèces de créneaux. Un mouvement de vague part de la porte d’entrée et mène à l’étage en longeant un portail, via l’escalier. Là, le mur en angle devient une balustrade ayant le même aspect. Le portail dépasse du mur et reçoit de la lumière naturelle grâce au fait qu’une partie du sol a été retirée. Il devient ainsi une sorte d’invitation à se rendre à l’étage, et grâce à la fine structure en acier, concrétise la limite entre l’espace de travail et l’espace de vie.

Dans cet intérieur, Machteld D’Hollander montre toute son inventivité dans l’art de combiner les matériaux et les couleurs. Le sol de chaque espace présente une finition caractéristique, selon sa fonction. Celui des pièces de service et des lieux de passage est revêtu de carrelage vert clair, celui des pièces de travail, de carrelage jaune crème, tandis que celui des pièces de vie est en parquet. On retrouve également une combinaison de ces coloris et de bois dans les murs. Les lignes horizontales partent de l’avant de la maison pour aboutir à l’arrière de l’extension. Vu que le budget n’était pas illimité, l’architecte a cherché avec l’entrepreneur différentes finitions pour des matériaux de gros œuvre typiques. Des applications de lasures et d’huiles variées ont permis d’obtenir une belle diversité d’aspects. Subtilement, Machteld D’Hollander a ainsi rendu le projet très tactile.

Quelques éléments ressortent particulièrement dans cette palette d’harmonie. La structure porteuse constituée de profils en acier et de colonnes rondes est peinte dans un profond rouge lie-de-vin. Elle est toujours distincte des autres structures – même l’ossature bois semble s’effacer devant elle. Machteld D’Hollander veille toujours à la logique et l’honnêteté de la construction. Détail qui ne passe pas inaperçu dans un intérieur mat : des plaques en cuivre plié servent de poignées d’armoires. Le côté ludique du processus de construction se retrouve à chaque jonction. Elle parvient à transformer les restrictions – budgétaires – en une multitude de dynamiques et de détails. Avec une clarté et une congruence qui manquaient jusque-là à l’habitation.

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