Publié le 03.04.2018 | Texte: Nina Closson

L’exposition « Together ! La Nouvelle Architecture Communautaire », accessible jusqu’au 1er juillet, a été librement adaptée depuis son passage au Vitra Design Museum. Le récit de l’habitat groupé rejoint au Grand-Hornu un concept historique de vie communautaire liée à l’habitat ouvrier.

Une introduction historique qui retrace la naissance de l’habitat groupé en réaction aux problèmes rencontrés dans l’habitat classique des grandes villes marque le début du parcours. Y sont exposés des projets exemplaires dont l’issue n’a pas toujours été à la hauteur de l’idéologie annoncée. On y retrouve notamment les Phalanstères de Charles Fourier ou encore le familier coron du Grand-Hornu. Pour des raisons diverses telles que le facteur humain, l’inertie du groupe ou encore le critère économique, nombre de ces projets a périclité. Ou quand le logement devenu ressource rare s’oriente vers l’alternative d’une vision du « construire et vivre en commun ».

Les commissaires, Ilka et Andreas Ruby – en collaboration avec EM2N – critiquent par leurs interventions un habitat dessiné pour une société hétéro-normée, aujourd’hui remis en question par le logement collectif. Ce dernier déconstruit la hiérarchie spatiale découlant du foyer familial classique associant un couple hétérosexuel et ses enfants. L’architecture collective est un moyen de lutter contre l’isolement de ceux dont la configuration familiale ne correspond pas à ce schéma.

21 maquettes de réalisations construites ou en voie de l’être constituent une ville collective imaginée dont les fragments sont des apports à cette architecture d’habitat groupé. Les projets présentés proviennent du monde entier, montrant que la question de l’habitat collectif n’est pas l’affaire d’une minorité isolée. Le travail de plusieurs bureau d’architecture est présenté dont celui de einszueins architektur, Heide & von Beckerath, Michael Maltzan Architecture, ON design partners, pool Architekten Zurich et Ryue Nishizawa. Par un jeu de couleurs, les maquettes mettent en valeur la distinction entre espaces privés, semi-publics et publics. Sphère privée et sol urbain public s’interpénètrent laissant apparaître différentes gradations d’espace entre collectivité et intimité.

La reconstitution d’un appartement de type « cluster » à taille réelle montre ce à quoi peut ressembler un logement lorsque les gens qui y vivent ne sont pas membres d’une même famille. Elle explore alors les frontières entre privé et collectif, connectant divers schémas familiaux. L’aménagement de l’espace commun partagé par les quatre résidents a été confié à Lionel Jadot. Il maîtrise le sujet puisque depuis 2017 il s’est engagé dans le projet Cohabs. Cette startup bruxelloise propose dans la ville 200 chambres installées dans des résidences communautaires.

La dernière partie de l’exposition présente des cas d’étude en détail. Ces projets démontrent leur viabilité, notamment économique. On peut y voir entre autres la Sargfabrik à Vienne par BKK-2, le Zwicky-Süd à Zurich, les Appartments with a Small Restaurant à Tokyo ou encore le projet Brutopia. L’objectif est alors d’inspirer le visiteur à tenter l’expérience ou du moins de lui montrer qu’il s’agit d’une option. L’habitant finit par s’approprier l’habitat qui se meut en ville dans la ville.

Edité par le Vitra Design Museum, un catalogue accompagne l’exposition. Il couvre tant les prémisses de l’habitat communautaire que son application contemporaine dans des projets en Allemagne, Suisse, Autriche et au Japon dans lesquels la vie quotidienne est exposée à travers l’objectif de Daniel Burchard.

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