Publié le 03.12.2021 | Texte: Pieter T'Jonck

Comme son titre l’indique, « Ending the anthropocene/ essays on activism in the age of collapse » est une compilation d’essais sur ce qu’il convient de faire à une époque où le monde tel que nous le connaissons menace de sombrer dans une catastrophe générale due à l’exploitation largement excessive des ressources naturelles que la Terre peut nous offrir. L’auteur, Lieven De Cauter, aborde presque systématiquement sous un angle philosophique les questions que soulève cette situation. Dans l’esprit d’Emmanuel Kant, il entend n’écarter aucune question, quitte à ce qu’elles semblent contredire ses propres convictions. Toutefois, il y a un postulat dont il ne démord pas : la crise que nous connaissons nous apprend que les principes capitalistes de libéralisation, dérégulation et privatisation sont à l’origine des difficultés actuelles. Face à cela, il place l’importance de redécouvrir et de rétablir les « commons ». Ces « commons » peuvent être à l’échelle locale, à savoir des collectivités qui gèrent un bien collectif en respectant des règles. En soi, il s’agit particulièrement de « commons » de nature universelle, par exemple la langue, le savoir et – bien entendu – également la biosphère. Ne vous attendez pas à trouver des slogans simplistes : si Lieven De Cauter adopte souvent des perspectives très inhabituelles pour étayer son propos, il s’appuie presque toujours sur une réflexion à long terme ancrée dans l’histoire d’une idée ou d’une forme d’organisation sociale. Il s’adosse d’ailleurs à la vision particulière de la politique énoncée par Jacques Rancière, qui définissait la « politique » comme le moment où un groupe opprimé finit par prendre la parole pour dénoncer une injustice, devenant ainsi un facteur politique autonome.

L’ouvrage est publié par la maison d’édition nai010, spécialisée dans les livres d’architecture. Et ce n’est pas un hasard, vu que de nombreux thèmes abordés par Lieven De Cauter ont des répercussions immédiates sur notre manière d’envisager la construction, l’habitat, la propriété, l’espace public, etc. Être d’accord avec l’auteur importe souvent moins que le fait qu’il oblige le lecteur à mieux articuler sa propre position et sa pratique par rapport aux différents thèmes – en sachant qu’il fournit pour cela de nombreux moyens.

« Ending the anthropocene/ essays on activism in the age of collapse », Lieven De Cauter. 240 p., paperback. 2021, nai010 publishers, Rotterdam, NL. ISBN 978-94-6208-611-1

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