Publié le 18.11.2021

Quand un critique tel que Reyner Banham, en principe jamais avare d’une bonne boutade, d’une position audacieuse ou d’une analyse en profondeur, en arrive à devoir admettre qu’il était resté sans voix devant l’église St-Mark de Björkhagen (SE), cela en dit long sur la singularité de l’œuvre de l’architecte suédois Sigurd Lewerentz (1885-1975). Récemment, son travail a fait l’objet d’une attention accrue, probablement en raison du regain d’intérêt pour le brutalisme auquel Banham a contribué à donner de la visibilité.

Mais le sens de cette œuvre va bien au-delà de cette seule explication. Au cours de sa carrière, Sigurd Lewerentz a évolué d’une architecture néoclassique personnelle à un modernisme convaincu, pour terminer comme concepteur d’habitations très insolites et surtout d’églises, de crématoriums et de cimetières. Sa carrière n’a d’ailleurs véritablement décollé qu’au moment où Gunnar Asplund et lui remportèrent le concours pour le cimetière au sud de Stockholm, un projet qui allait l’occuper pendant plus de deux décennies.

Dans le cadre d’une grande exposition rétrospective au centre national suédois d’architecture et de design ArkDes, une volumineuse monographie consacrée à Lewerentz a été publiée sous le titre « Architect of death and life ». L’ouvrage comporte trois volets. Le court essai introductif est suivi d’une abondante description de la vie et de l’œuvre de l’architecte. On y découvre notamment qu’il s’était également fait remarquer dans le domaine industriel pour ses remarquables châssis de fenêtres en acier. La seconde partie présente une série de photos récentes de ses principales réalisations. Quant au troisième volet, il offre un riche éventail de fac-similés de plans originaux. Si le livre ne propose pas d’analyse critique approfondie de l’œuvre, il donne une image détaillée de l’inventivité et de la méthodologie de ce créateur hors pair.

‘Sigurd Lewerentz, architect of death and life’, Kieran Long, Johan Örn, Mikael Andersson (rédaction et texte), Johan Dehlin (photographie). 712 p., couverture cartonnée. 2021, Park Books, Zurich, CH.  ISBN 10-3038602329. Prix conseillé 120 €.

 

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