Édito

Pieter T’Jonck - Rédacteur en chef

De grands défis nous attendent et, si nous ne changeons pas nos habitudes (chacun son petit terrain, chacun sa méthode, chacun son budget), nous n’arriverons pas à les surmonter. Pour résoudre des problèmes tels que la croissance démographique, le vieillissement, la mobilité, l’emploi (et ainsi de suite), il nous faut collaborer.

Ces problématiques ont en effet, à grande échelle, des retombées spatiales. Or, l’espace est limité. Juxtaposer les fonctions en les séparant de larges zones tampons n’est plus une option. Arrêtons tout de suite de rêver d’un environnement sans aucun inconvénient.

Faut-il pour autant le déplorer? Selon l’architecte néerlandais Frank Van Klingeren (1919-1999), la ‘gêne’ peut inverser l’esprit de cloisonnement. Cette idée est plus d’actualité que jamais: nous avons besoin de projets à grande échelle qui relient les ‘fonctions’ autrement (et en finissent même avec cette fiction que sont les ‘fonctions’).

Ce penchant ressort en tout cas d’une profusion soudaine de projets régionaux (urbains). Toutes les régions et les villes se retrouvent, ensemble, en phase de conception. Les modernistes l’avaient déjà fait lors du traçage de l’axe ABC à travers la Belgique mais, aujourd’hui, l’objectif est inverse. Il s’agit non plus de séparer mais d’intégrer, autant que possible.

Le gouvernement ne fait pas vraiment office de locomotive. Les citoyens, libres de toute logique sectorielle, sont souvent nettement plus attentifs au potentiel des nouvelles approches. Et en critiquant de manière pertinente, ils mettent les concepteurs au pied du mur. Il convient désormais de ne pas se limiter à l’exécution optimale de la mission mais d’avoir une vue d’ensemble, afin d’éviter de devenir non pas la solution mais une partie du problème, comme nous l’enseigne l’exemple d’Istanbul.

Tout est possible, comme nous le prouvent les projets exposés ici, émanant de pouvoirs publics et de groupements de citoyens, à Anvers, Bruxelles et Charleroi. Cela suscite également d’autres espoirs, quant à la contribution potentielle des architectes et urbanistes. Cette nouvelle manière de penser exige toutefois un processus d’apprentissage, qui démarre au niveau de l’enseignement. Les programmes attachés à l’idée qu’un architecte doit juste venir en soutien technique aux ‘fonctions’ sont dépassés. Mais le gouvernement aussi peut apporter sa pierre à l’édifice, en arrêtant d’émettre des missions sous-entendant que le problème est clair, et qu’il ne s’agit que de trouver une solution. D’autres modèles existent. En France, notamment. Qu’attendons-nous pour les introduire chez nous?

Lire la suiteRéduire

Sommaire

Labo XX
Du faubourg à la ville
Michiel Dehaene

Ringland
Cesser de bricoler
Hong Wan Chan

Canal de Bruxelles
Emancipation urbaine
Pieter Uyttenhove

Kristiaan Borret
Passer à l’acte
Pieter T’Jonck, Lisa De Visscher

Charleroi
Dans un élan
Cécile Vandernoot

L’architecture : art d’atteindre les sommets ?
Joachim Declerck

Colloque Europalia
L’architecture en Belgique et en Turquie : nouvelles Pratiques

Istanbul 2015
Architecture, pouvoir et éthique
Asu Aksoy

Coloco
Œuvrer ensemble
Charlotte Lheureux, Elodie Degavre

Stratégies territoriales françaises
Guillaume Hebert

Vallée de la Dyle
Des villes dans la ville
Bruno Demeulder, Lisa De Visscher

Vallée de la Dyle
L’eau, source de vi(ll)es
Pieter T’Jonck

PROJETS

ACTUEL
Chronique
Martin van Schaik

MATERIAU
(Sans) Limites
Tompy Hoedelmans

VLAAMS BOUWMEESTER
‘Habiter autrement’
Zurich | Projet pilote
Anne Malliet

CELLULE ARCHITECTURE
La Maîtrise d’ouvrage, une évolution en marche
Prix de la maîtrise d’ouvrage publique en Wallonie et à Bruxelles – 3e édition
Charlotte Lheureux

PRODUITS

LIVRES

Abonnez-vous à partir de 59€ par an !
Vous recevez 4 numéros classiques et 2 hors-séries

Je m'abonne

À lire également

Inscrivez-vous à notre newsletter